25 juin 2009
Victimes d'Hadopi ?
Le remaniement a été douloureux pour ceux qui ont eu à gérer le dossier hadopi. Christine Albanel et Roger Karoutchi quittent le gouvernement et Franck Riester, un temps pressenti, reste finalement sur les bancs de l'Assemblée nationale. Quelle est la part d'hadopi ?
Christine Albanel
est sans doute celle pour qui hadopi a pesé le plus lourd. L'échec
politique qu'a représenté la censure du Conseil constitutionnel, au
terme de débats difficiles à l'Assemblée, a sans doute pesé très lourd.
Mais elle était déjà politiquement affaiblie, et il n'est pas dit
qu'elle aurait été maintenue s'il n'y avait pas eu hadopi. Elle vient
des cercles chiraquiens et a eu du mal à s'imposer au ministère de la
Culture. Pendant la première année, elle a été en permanence
court-circuitée par Georges-Marc Benamou. De plus, elle n'est pas élue.
Difficile dans ces conditions de se faire une légitimité. De plus, son
bilan n'est pas fabuleux. Personne ne l'a relevé, mais lors du deuxième
rapport d'étape de la RGGP (Révision générale des politiques publiques) en mai dernier, elle se classait dans les dernières pour l'avancement des différents chantiers, avec plusieurs réformes clairement au point mort. Cela a sans doute également pesé.
Pour Roger Karoutchi,
le coup dur porté par hadopi l'a été le 9 avril, lors du rejet surprise
du texte, à la suite du "coup du rideau". Le rôle du ministre chargé
des relations avec le Parlement est de faire en sorte que tout se passe
bien lors de l'examen des textes, qu'il n'y ait pas sautes d'humeur de
la majorité, de retards dans les discussions. Le couac sur hadopi est
un loupé certain. Le tort est certes partagé avec le groupe UMP de
l'Assemblée nationale, mais Jean-François Copé étant hors d'atteinte,
c'est Roger Karoutchi qui a payé. Mais il n'y a pas que cela et ce qui
a sans doute été plus déterminant, c'est la défaite de Roger Karoutchi
face à Valérie Pécresse pour la tête de liste aux régionales en
Ile-de-France. Le poids politique de Roger Karoutchi, déjà assez
faible, s'est effondré. Même si Nicolas Sarkozy l'aime bien, il
n'apporte plus rien. Et comme il récupère son mandat de sénateur des
Hauts-de-Seine, le président n'a eu aucun scrupule à le virer. C'est la
dure loi de la politique de haut niveau.
En revanche, Franck Riester
n'est pas une victime de l'hadopi, bien au contraire. Jeune élu en
2007, il était totalement inconnu avant le texte hadopi et s'il n'avait
pas été rapporteur, son nom n'aurait même pas été évoqué pour entrer au
gouvernement. Il n'a finalement pas eu de poste car il était évoqué
uniquement au cas où il aurait fallu trouver quelqu'un pour remplacer
Nathalie Kosciusko-Morizet à l'économie numérique si cette dernière
devait être appelée à un autre poste. Cela ne s'est finalement pas
fait, mais on a pensé sérieusement à lui. C'est déjà un beau succès.
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