31 janvier 2008
On préfère ce denouement !
Espagne: le chauffard à l'Audi renonce aux poursuites

(De Madrid) Haro, au nord de l’Espagne, s’était préparée à l’évènement à coups de rafraîchissements de façades et sans lésiner sur les barrières de sécurité. Mais le procès qui devait placer face à face, mercredi matin, le conducteur qui avait renversé un adolescent, décédé sur le coup en 2004, et les parents de la victime, à qui il réclamait 20000 euros pour réparer son véhicule, n’a finalement pas eu lieu.
Dès l’ouverture de la séance, l’homme a fait savoir par son avocat qu’il suspendait les poursuites. Expliquant qu’il se sentait harcelé par les médias, Tomas Delgado Bartolomé a décidé de ne pas se présenter au tribunal. Dehors, autour de 200 sympathisants ont accueilli les parents du jeune Enaitz Iriondo entre applaudissements et gestes de solidarité. Des dizaines de journalistes avaient également fait le déplacement.
Le procureur général réexaminera le dossier
Il ne s’agit pas pour autant de la conclusion de cette affaire. Devant l’énorme intérêt de l'opinion public, le procureur général de la région de La Rioja a décidé de réexaminer le dossier pour voir s’il y avait lieu de le rouvrir.
Selon El Pais, il a en en outre demandé à l’une des meilleures équipes de spécialistes en reconstitution d’accidents de la route d’enquêter sur les faits. Preuve de l’ampleur médiatique qu’a pris l’affaire, le procureur s’était entretenu personnellement avec les parents endeuillés lundi, en permettant aux photographes d’immortaliser la rencontre.
Selon le dossier de la Guardia Civil (la gendarmerie espagnole), Eraintz Iriondo, 17 ans à l’époque des faits, roulait à vélo sans casque ni bandes réfléchissantes (obligatoires en Espagne) en cette soirée d’août 2004. Il aurait grillé un stop juste avant d’être percuté par le véhicule de Tomas Delgado Bartolomé, 43 ans, qui roulait à 113km/h sur une route limitée à 90km/h.
Mais selon un rapport d’experts engagés par la famille, le choc se serait produit plusieurs mètres après le stop et la voiture circulait entre 165 et 182 km/h. Mort sur le coup, Enaitz avait été projeté à 18 mètres de hauteur et son corps retrouvé à 107 mètres de l’impact, selon le même rapport.
A l’époque, l’affaire n’avait pas été jugée au pénal car, selon le juge d’instruction, le conducteur n’avait pas commis d’infraction criminelle. Les parents, Antonio et Rosa, s’étaient finalement vus attribuer à l'issue du procès civil 33000 euros d’indemnisation par l’assureur de Delgado, qui reconnaissait ainsi la part de culpabilité de son client dûe à un excès de vitesse.
La vidéo fait scandale sur YouTube
"Nous pensions que cet homme allait déjà assez souffrir à l’idée d’avoir tué un enfant. Nous nous trompions", a expliqué Rosa au quotidien La Vanguardia. En mars 2006, la famille a en effet reçu une lettre les informant de poursuites engagées contre eux par Tomas Delgado: il leur réclamait 14000 euros pour les dommages causés par l’accident à son Audi A8 et 6000 euros pour le coût de location d’un véhicule de remplacement.
L’intérêt du public et des médias pour cette affaire s’est emballé lors des quelques jours précédant le procès, amplement nourri des interventions dignes et peinées des parents mais surtout de la vidéo d’une interview accordée par Tomas Delgado à une télévision locale.
La froideur de son discours, ponctué de sourires en coin, dans laquelle il affirmait "être aussi une victime", a outré de nombreux espagnols. C’est la sœur d’Enaitz Iriondo, qui l’a posté sur le portail de vidéos YouTube.
www.rue89.com
Pendule analogique
PENDULE en LIGNE
28 janvier 2008
jusqu'ou ira la DS ?
Après le cerveau, le visage et le corps: deux jeux anti-âge à l'essai.

Nintendo avait déjà recruté Nicole Kidman et Michèle Laroque pour vendre son jeu d'entraînement du cerveau. Mission, nous montrer comment rester intelligent, ou tout du moins devenir moins bête. Puis le très moyen "Gym des yeux" promettait de faire du bien à notre vision. Désormais, c'est officiel, la firme de Mario s'attaque aux vieux... et à ceux qui vont le devenir.
La gigantesque firme de jeux mène la bataille sur deux fronts, avec sa petite DS et sa révolutionnaire Wii. Deux consoles qui, dès leur apparition, ont converti de nombreux non-joueurs, filles, femmes, jeunes adultes en général. Mais avec ces deux prochains jeux, prévus pour courant 2008, Nintendo espère séduire au-delà des trentenaires.
Un pèse-personne hi-tech, pour un cours à domicile
Au programme, d'un côté, "prendre soin de son équilibre et de sa forme chez soi", avec le Wii Fit et son "Wii balance board", sorte de pèse-personne amélioré, et de l'autre le "yoga du visage" avec caméra intégrée, le Face Training, sur DS. Comment résister à un test?
Dans un petit deux-pièces, en une demi-heure, j'ai pu faire: du step, du yoga, du hula-hoop, une descente à ski et m'improviser gardien de foot. Tout ça grâce à la balance Wii, dont le véritable nom -et le véritable prix, d'ailleurs- n'ont pas encore été décidés en Europe.
Cette balance est un plateau blanc muni de quatre capteurs de pression, à l'avant et l'arrière de chaque pied. Il peut ainsi déterminer le centre de gravité, le poids et la position de chacun, et par conséquent le moindre mouvement de corps.

Inutile de faire semblant, je suis séduite. Les positions de yoga proposées ne sont pas toutes aisées. La balance affiche en temps réel la répartition de votre poids du corps, et vous incite à corriger votre position. Presque un cours à domicile. La séance de step, quant à elle, vaut bien celle d'une salle de gym. Et à chaque erreur retentit un méchant "Biip!". Pour ceux qui ont peur de s'ennuyer, le jeu de l'homme pingouin ou le slalom achèvent de convaincre.
Bien sûr, on peut tricher, bien sûr, on ne se fait pas d'amis -quoique, pour l'avoir testé avec d'autres, ça crée des liens-. Le Wii Fit ne vaut peut-être pas une véritable leçon, mais bat à plate couture Véronique et Davina.
Peut-on vraiment retenir la couche graisseuse du visage?
Après ce moment de détente, le Face Training offre un visage bien plus austère, malgré son design coloré. D'abord, une caméra avec des repères pour les yeux. Vous êtes invités à y caler votre visage, comme pour la photo d'un forfait de ski ou d'un pass Navigo, et de ne plus bouger, merci.
Il faut ensuite choisir le muscle à travailler: petit ou grand zygomatique, masséter, pyramidal du nez. L'ambiance est moins à la rigolade, sauf bien sûr, pour celui qui vous regarde exécuter les grimaces programmées. On s'imagine moins y jouer une heure, y jouer tout court, d'ailleurs. Mais comme nous l'explique le démonstrateur:
"Il faut avant tout de la régularité: cinq minutes par jour, tous les jours. C'est à ce prix que l'on conserve un visage ferme et que l'on prévient l'apparition des rides."
Pourtant, question apparition des rides, je pensais tout savoir, lectrice assidue de féminins que je suis. M'aurait-on caché cette solution, tellement plus agréable que le botox?
Les réponses de Pascal Didi, médecin morphologue et anti-âge,
achèvent de me surprendre. Oui, en musclant son visage, on peut retenir
la couche graisseuse, qui glisse vers le bas au fil du temps. Et
conserver ainsi un bel ovale du visage. Pour un temps seulement, car
"inévitablement, ça va migrer":
Et les rides d'expression? En travaillant les muscles contraires, il
semblerait que là aussi, quelque chose est possible. Enfin, "c'est
long, c'est compliqué, mais en théorie, c'est possible":
Reste que certains préfèrent vieillir avec leurs rides, et que Nintendo pourrait rater sa cible. En France, bien peu de quadragénaires, encore moins de quinquas, ont déjà saisi un stylet de DS ou une manette de Wii. Les consoles de jeu ont encore du chemin à faire pour séduire les Français d'âge mûr. Faute de public, ces jeux pourraient bien rester au rang de gadgets.
Par Ophélie Neiman (Rue89)
Bientôt la recharge électrique sans fil ?
Alors que de nombreuses technologies permettent déjà de s'affranchir d'un certain nombre de câbles de communication avec nos périphériques (citons le Bluetooth, le WiFi ou encore le prochain Wireless USB), le câble d'alimentation reste, dans bien des cas, encore présent.
Une équipe de chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology - photo ci-dessous) a toutefois décidé de s'attaquer au problème une bonne fois pour toute. Ces chercheurs ont ainsi travaillé sur le « transfert d'énergie sans fil », un concept déjà utilisé avec les puces sans contact RFID que l'on retrouve notamment dans les « Passes Navigo » de la RATP, mais dont la portée et la puissance sont aujourd'hui assez limitées.
La technologie du MIT promet de régler le problème en offrant un «
transfert d'énergie sans contact » dans un rayon de 3,6 mètres. Couplé
au principe de « physique de résonance », ce projet pourrait tirer
profit de nombreuses énergies « invisibles ».
Un appareil émetteur devrait ainsi être capable de créer un champ
magnétique doté d'une certaine fréquence. Les périphériques, dotés d'un
récepteur adapté pourront s'ajuster sur cette fréquence et récupérer
l'énergie émise. Selon le MIT, les pertes d'énergies seraient
quasi-inexistantes, même lorsque des objets seront présents sur la
route du transfert.

Pour le moment, ce projet est encore en plein développement, mais un premier prototype exploitant cette technologie pourrait voir le jour d'ici un an. Le projet pourrait s'appliquer à de nombreux appareils : téléphones mobiles, baladeurs, Ordinateurs Portables et des « bornes de recharge électrique sans fil » pourraient voir le jour.
En ce qui concerne les répercutions sur la santé, le MIT précise que les ondes émises seront sans radiation. L'un des responsables du MIT ajoute en plaisantant : « qu'il ne voit pas de raisons de s'inquiéter pour la santé. Mais que des gens trouveront certainement... ».
26 janvier 2008
INCROYABLE : une voiture plus importante qu'une vie !
Espagne: il poursuit la famille de sa victime pour réparer son Audi
Les parents de la victime n’en reviennent pas. Et les internautes espagnols non plus, qui font bruisser la blogosphère de leurs commentaires indignés. L’objet de leur colère? Un homme de 43 ans qui, en août 2004, avait renversé un cycliste de 17 ans, Enaitz Iriondo, causant sa mort. Il réclame aujourd’hui 20000 euros à la famille de l'adolescent, en compensation des dommages causés par l’accident à son Audi A8.
Selon El Pais, Tomas Delgado Bartolomé roulait à plus de 160 km/h, sur une route limitée à 90 km/h, lorsqu’il a percuté de plein fouet Enaitz Iriondo. L’adolescent était alors en vacances dans la région de La Rioja et roulait à vélo, de nuit, sans gilet de sécurité ni casque. Il n’a pas survécu au choc.
Le juge d’instruction avait alors estimé, en faveur du conducteur, qu’il n’y avait pas d’infraction criminelle, ne laissant à la famille que trois jours pour faire appel. Après un accord entre les compagnies d’assurance, les parents d’Enaitz avaient finalement reçu 33000 euros d’indemnisation.
Sa mère explique aujourd’hui à l’agence de presse EFE qu’ils n’ont "jamais admis le contenu de l’accord", mais qu’ils l’avaient accepté pour "pouvoir fermer ce chapitre si tragique et avancer."
"Moi aussi je suis une victime"
C’est pourtant elle qui devra finalement se présenter devant le tribunal de la ville d’Haro, le 30 janvier prochain, convoquée par la défense du chauffard, qui s’en est expliquée à El Pais: "Moi aussi je suis une victime, l’histoire du petit, on ne peut pas y remédier, mais la mienne si." Il réclame à la famille 14000 euros pour les dommages causés à son Audi A8 lors de l’accident et 6000 euros pour la location d’un véhicule de remplacement pendant les réparations.
Selon des propos cités par le quotidien ABC, la décision n’a tout de même pas été facile à prendre pour le conducteur :
"J’y ai pensé pendant presque un an, en tournant le sujet dans tous les sens. Et finalement j’ai conclu que je n’avais pas à perdre de l’argent. La vie continue, et si les compagnie d’assurance fonctionnaient bien, je n’aurais pas à agir comme cela."
18 janvier 2008
TERMINATOR en série télé !!!
Terminator The Sarah Connor Chronicle.
Pour des raisons de budget évidentes, les séries intégrent souvent plus de dialogues que de scènes d'actions spectaculaires à la Michael Bay. Ainsi pouvait-on craindre que Les chroniques de Sarah Connor, la prochaine série phare de la Fox, soit une insipide diatribe des relations mère/fils dans un vague contexte de menace futuriste. Les affiches officielles que vient de publier la FOX sont éloquentes à ce sujet. Des robots, des armes, du sang, et un combat permanent pour sauver l'humanité. Telle est la promesse. Par ailleurs, soulignons la mise en avant du nom de la franchise Terminator et du renvoi en tag-line de The Sarah Connor Chronicle, ce qui réhausse d'autant les attentes générées par cette série. On veut du Terminator ! Pas de l'exploitation abusive de franchise.
Pour rappel, Terminator : The Sarah Connor Chronicles se déroule juste après les évènements de Terminator 2. Lena Headey (300) y incarne Sarah Connor, Thomas Dekker (le jeune ami de Claire dans la première saison d'Heroes) endosse le rôle de John Connor et Summer Glau (Serenity) celui du Terminator.
No Arnold Schwarzenegger inside.
Le premier épisode est prévu pour le 13 Janvier 2008 aux Etats-Unis, le second pour le 14 Janvier 2008. Aucune date française n'est annoncée pour le moment...

17 janvier 2008
TEMPERATURES en temps REEL !
http://www.alertes-meteo.com/cartes/temperatures.htm
16 janvier 2008
Mobiles pour enfants...
La LUTTE entre la société de consommation et le bon sens.
Crédit photo Sipa
Mobiles pour enfants : les associations vont porter plainte.
16/01/2008-18h25 - Charlotte Pons - © Le Point.fr
Déçues
par l'inertie politique, les associations de défense de l'environnement
vont maintenant s'en référer à la justice pour faire interdire le
portable pour enfants.
Reçues mardi au ministère de la Santé, les associations Priartèm et Agir pour l'environnement ne décolèrent pas. "Nous pensions que la ministre allait nous soumettre des propositions concrètes, en cohérence avec ses déclarations du 2 janvier ( voir notre article ) au travers desquelles elle invitait les parents à la prudence en matière de téléphonie mobile pour enfant. Or, les conseillers qui nous ont reçus se sont contentés de botter en touche", explique au Point.fr Janine Le Calvez, présidente de Priartèm. "Madame Bachelot ne va pas jusqu'au bout de la logique de précaution initiée au début du mois", dénonce encore la présidente de l'association, qui révèle que la prochaine étape sera d'ordre judiciaire. "Nous allons déposer plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui."
L'objectif est d'obtenir l'interdiction de commercialiser des portables à destination des enfants, comme le Mo1 qui a créé la polémique pendant les fêtes ( voir notre article ). "Mais la réglementation est indissociable de l'information", souligne Priartèm, qui prône aussi une vaste campagne d'information à destination de l'ensemble des usagers, et plus particulièrement des parents. Sur le plan politique, les associations vont se tourner vers le ministère de l'Éducation Nationale pour qu'une action concrète soit menée dans les établissements scolaires.
Face au statu quo, l'incompréhension des associations est d'autant plus grande que la question semble faire consensus. "Lorsque nous l'avions interpellé, le candidat Sarkozy s'était déclaré opposé à ce type de produit" confie Janine Le Calvez en ajoutant que le ministère de l'Ecologie va dans le même sens. Mardi matin sur RMC, Roselyne Bachelot elle-même conseillait aux parents de "ne pas acheter ce genre d'appareils". "Ma réaction de mère de famille est que je ne suis pas vraiment enthousiaste sur la vente de ces téléphones portables aux petits enfants" a-t-elle déclaré avant d'ajouter qu'en qualité de ministre, il lui fallait "avancer avec prudence".
"Pourquoi la position de la ministre est-elle différente de celle de la mère ?" interroge Janine Le Calvez. Et les associations de réfuter les arguments avancés par Roselyne Bachelot qui souligne que les études engagées "ne vont pas dans le sens de la dangerosité". "Il doit s'agir d'une mauvaise lecture de la part de Madame la ministre" réplique Priartèm en renvoyant à un rapport de la Fondation Santé et Radiofréquence qui appelle à la plus grande prudence. De son côté, le ministère de la Santé a missionné l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail), dont la crédibilité est remise en cause par les associations qui dénonce " l'opacité" de son travail.
ETUDIANTE : quel courage !
Moi Laura, 19 ans, étudiante et prostituée
Par Caroline Vigoureux (Etudiante en journalisme) 18H34 16/01/2008
Laura
a 19 ans. Le jour, elle est étudiante. La nuit, ponctuellement, elle se
prostitue. En plus des ses vingt heures de cours, elle travaille quinze
heures par semaine dans une boite de télémarketing. Entre les factures,
le loyer, les transports… elle n’arrive pas à joindre les deux bouts
pour financer ses études.
Laura se situe dans la "fourchette fatale": ses parents ne sont pas assez "pauvres" pour qu’elle bénéficie d’une bourse, mais pas assez "riches" pour pouvoir la soutenir financièrement. Lorsqu’elle se rend au Crous pour y trouver une aide, on l’oriente vers les Restos du cœur. Mais Laura ne "veut pas voler la place des gens qui n’ont plus rien" explique t-elle à Rue89.
Ambitieuse, en quête d’accomplissement professionnel, Laura tombe dans la spirale du sexe tarifé pour financer sa vie étudiante. "Dès le moment où l’on répond à une annonce, on est déjà dans l’engrenage", retrace t-elle aujourd'hui. A travers un témoignage brut et poignant, elle raconte sa plongée dans le milieu de la prostitution via Internet dans son livre "Mes chères études", qui paraît ce jeudi. On y lit notamment:
"Pas de fric, des factures qui m’en réclament, un appart à payer. (…) Jamais un rond dans les poches, obligée de frauder les transports, une vie vaguement insupportable. Incommodante parfois, souvent embarrassante au moment de la note, mais on s’y fait. Je me dis que les 'massages' me permettraient aisément le luxe de pouvoir choisir. Je ne réalise pas que c’est précisément tout l’inverse qui est en train de se produire: je n’aurai plus jamais le choix"
Pour une heure, Laura gagne entre 100 et 150 euros. Une rémunération alléchante qui la plonge dans le vice de "l’argent rapide mais pas facile".
Internet, une protection illusoire
En quelques clics sur la toile, Laura s’improvise "escort girl":
"Je me sentais protégée derrière l’écran mais c’était un leurre, car au rendez-vous, j’étais toute seule et personne ne pouvait m’aider."
C’est
en lisant une annonce sur Internet que Laura s’est laissée entraîner
dans les rouages de la prostitution: "Jeune homme de 50 ans recherche
masseuse occasionnelle. Etudiantes bienvenues." Au premier rendez-vous,
le client lui lâche 250 euros. Pour Eva Clouet, auteure du livre "La
prostitution à l’heure des nouvelles technologies de communication",
"l’interface avec l’écran représente une protection illusoire":
"La première raison pour laquelle les étudiantes se prostituent reste le besoin d’argent. Ce sont des personnes issues de la classe moyenne. Les deux parents travaillent mais ne peuvent pas toujours financer les études de leurs enfants."
Plus qu’une nécessité financière, la prostitution représente pour certaines d’entre elles un moyen de sortir du carcan familial, à travers lequel elles ont reçu une éducation sexuelle très cadrée:
"Elles ont souvent souffert de ces interdits inculqués à l’adolescence. Pour rompre avec la morale familiale, la prostitution est la réponse forte à une société normalisante et contraignante."
Et d’ajouter que "la prostitution n’est pas seulement une affaire de femmes, certains hommes se prostituent pour financer leurs études mais ils restent relativement minoritaires".
Paupérisation du public étudiant
Le témoignage de Laura n’est pas un cas isolé et révèle un réel malaise de société: la précarité étudiante. En 2006, le syndicat SUD-étudiants estimait à 40000 le nombre de prostitués étudiants. Un chiffre publié pour attirer l’attention du gouvernement sur les conditions de vie étudiante, au moment de la loi sur l’égalité des chances. Mais cette approximation est à nuancer puisque aucune étude statistique n’a encore été menée.
Alors que les dépenses obligatoires ont connu une hausse de 23%, les bourses universitaires et allocations logement n’ont, elles, augmenté que de 10%. Financer ses dépenses étudiantes devient dans ce contexte de plus en plus complexe: 100000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté (environ 650 euros par mois).
Pour Eva Clouet, "la prostitution étudiante met en avant l’inégalité des chances pour réussir à l’université. Les réponses des pouvoirs publics ne sont pas adéquates" lâche t-elle, un brin amère.
"Il faut arrêter de fermer les yeux sur un sujet tabou. Si certains disent que c’est un phénomène marginal, je pense au contraire que la prostitution étudiante ne fait que s’amplifier" regrette Laura. Aujourd’hui, elle ne se prostitue plus mais refuse de s'avancer pour l'avenir.
► La prostitution étudiante à l’heure des nouvelles technologies de communication d’Eva Clouet (Max Milo éditions).
► Mes chères études. Etudiante, 19 ans, job alimentaire: prostituée de Laura D. (Max Milo éditions)