14 mai 2008
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13 mai 2008
Rééquilibrage sur les CLUBS de FOOTBALL...
L'Europe prête à corriger les effets de l'arrêt Bosman.

Jan Figel : «Quel est l'intérêt des compétitions si l'argent peut tout acheter, même le résultat ou l'arbitre?»
Crédits photo : ASSOCIATED PRESS
Jan Figel, le commissaire européen slovaque en charge du sport, se montre ouvert à des évolutions.
En prohibant les quotas de nationalités, l'arrêt Bosman du 15 décembre 1995 a mis fin au régime d'exception dont jouissaient les fédérations internationales… Contestée depuis comme un facteur majeur de dérégulation, la portée de cette révolution pourrait être minorée par une disposition de l'UEFA visant à introduire des quotas de formation. La Commission européenne devrait rendre prochainement un avis sur la légalité de cette mesure.
LE FIGARO. - Le traité de Lisbonne reconnaît la spécificité du sport (art. 149). Quel contenu entendez-vous lui donner ?
Jan
FIGEL. - En vertu du principe de subsidiarité, la définition de son
contenu est d'abord de la compétence des États membres. Dans le nouveau
traité, la notion est ainsi mentionnée : «Afin de promouvoir le sport,
l'Europe doit tenir compte de sa nature spécifique.» En clair, le sport
n'est pas un business comme les autres. La spécificité sportive
pourrait donc autoriser certaines exceptions au droit à la concurrence.
Pourquoi avoir attendu si longtemps pour l'admettre ?
Publié
en juillet dernier, le livre blanc sur le sport de la Commission
prolonge la déclaration de Nice (décembre 2000) en reconnaissant le
rôle essentiel du sport dans la société européenne. Notre perception
des dimensions so- ciale, économique et organisationnelle du sport y
est clarifiée. Le modèle européen y est garanti. Le sport n'est pas
autorisé pour autant à évoluer sous un régime d'exception.
Sepp Blatter souhaite revenir sur l'arrêt Bosman…
Nous
ne pouvons pas accepter la disposition du «6 + 5» (1) voulue par le
président de la Fifa. Cette mesure réintroduirait des quotas de
nationalités. Ce n'est pas compatible avec le droit européen, notamment
le principe de libre circulation. La Commission respecte l'autonomie
des organisations sportives, mais leurs règles doivent impérativement
se conformer au cadre légal de l'Union européenne (UE). Dans une
analyse au cas par cas, certaines mesures pourraient toutefois être
légitimées au nom de leur proportionnalité par rapport à l'objectif
poursuivi.
La règle de l'UEFA imposant aux clubs d'aligner huit joueurs formés localement est-elle acceptable ?
Cette
approche, qui vise à favoriser l'éclosion de talents locaux, paraît
beaucoup plus légitime et compatible avec les principes de l'UE. Des
discriminations indirectes peuvent être tolérées si l'objectif
poursuivi est légitime. Cela pourrait être le cas avec la protection de
la formation. Le but étant de promouvoir le développement durable des
équipes et du sport à tous les niveaux de compétition, pas de permettre
l'exploitation des jeunes joueurs africains ou sud-américains. Nous
évaluons actuellement la proportionnalité de la mesure. Nous finalisons
l'étude avant de nous prononcer formellement.
Comment lutter contre la violence, la corruption, les paris illégaux, les matchs truqués ou le blanchiment d'argent ?
Cela
passe par plus de coopération entre les États membres, les fédérations
sportives, le mouvement olympique et la Commission. Ce qui induit une
perception commune de nos responsabilités. Quel est l'intérêt des
compétitions, si l'argent peut tout acheter, même le résultat ou
l'arbitre ? Nous avons engagé un dialogue en ce sens avec l'UEFA. Nous
devons l'étendre au dopage. Certaines choses peuvent être réglées par
les forces de l'ordre mais les instances sportives et les agences qui
émanent sont aussi parties prenantes du combat. Sans oublier les
politiques de prévention et d'éducation.
(1) Au moins 6 joueurs nationaux au sein du onze de départ de chaque club.
Le Figaro.
12 mai 2008
BLACKBERRY conte-attaque.
Un Blackberry 3G avant l'été.

Avec des fonctionnalités plus ludiques, le nouveau Blackberry cherche à sortir des salles de réunion.
Research in Motion entend concurrencer l'iPhone d'Apple avec ce nouveau modèle de téléphone multifonctions, qui incluera un accès à internet et un GPS.
Research in Motion n'entend pas laisser l'iPhone empiéter sur son terrain sans réagir. Le groupe canadien, basé dans l'Ontario va mettre sur le marché d'ici à l'été une version 3G de son célèbre Blackberry. Il a annoncé ce projet lundi, avant l'ouverture de la bourse de New York. En plus de ce standard de téléphonie, son téléphone multifonction proposera une connexion à internet sans fil et un GPS pour un guidage par satellite. Ce nouveau Blackberry doit aussi permettre de télécharger de la musique sur iTunes, le portail d'Apple.
Research in Motion cherche ainsi à séduire le grand public pour étendre la clientèle du Blackberry hors des sphères professionnelles. La version du smart phone promise avant cet été vise donc à concurrencer l'iPhone d'Apple, dont une version 3G est aussi prévue pour l'été.
Après cette annonce, faite avant l'ouverture de la Bourse de New York, Research in Motion gagnait 4,84% à Wall Street vers 17h30. Apple prenait 0,97%. La bataille entre les deux fabricants ne fait que commencer.
Le CLIMAT en question : ou en est-on ?
Des chercheurs parient 5 000 euros sur une pause dans le réchauffement.
Lorsque les opinions sont irréconciliables, que les arguments s'épuisent et que chacun en vient à douter de la bonne foi de ses contradicteurs, il ne reste parfois qu'une seule solution pour sortir de la controverse : parier. Six climatologues - quatre Américains, un Allemand et un Britannique - ont lancé, jeudi 8 mai, un pari à plusieurs de leurs collègues de deux instituts de recherche allemands. Objet : la décennie à venir sera-t-elle plus ou moins chaude que celle écoulée ? Enjeu : 5 000 euros.
La controverse est récente. Le 1er mai, la revue Nature publiait
des résultats étonnants. Selon des chercheurs de l'Institut Leibniz
d'océanographie et de l'Institut Max-Planck de météorologie,
respectivement basés à Kiel et à Hambourg, le réchauffement moyen de la
planète va, dans les prochaines années, s'interrompre provisoirement
sous l'effet de cycles naturels. Les décennies 2000-2010 et 2005-2015
devraient même, selon eux, être légèrement plus froides que 1994-2004.
En particulier en Europe et en Amérique du Nord. "Nous ne disons pas que le changement climatique anthropique sera moins grave que prévu, précise Mojib Latif, coauteur de ces travaux. Nous disons qu'une oscillation naturelle du climat se superposera momentanément à la tendance au réchauffement."
M. Latif et ses coauteurs ont procédé à une analyse rétrospective des variations de la température de surface des océans. A partir de ces variations enregistrées sur les cinquante dernières années environ, ils ont déduit les oscillations naturelles de ces acteurs importants du climat que sont les courants marins. En projetant leurs résultats sur la décennie à venir, ils concluent à une atténuation du réchauffement au cours des prochaines années.
CLAUSE D'ANNULATION
Stefan Rahmstorf (université de Potsdam, Allemagne), Michael Mann (Penn State University, Pennsylvanie) et leurs quatre compères ne sont pas convaincus. "Si la température moyenne de 2000-2010 est vraiment inférieure ou égale à celle de 1994-2004, nous leur réglons la somme de 2 500 euros, écrivent-ils sur le blog collectif Realclimate. Si elle s'avère plus chaude, ils nous règlent 2 500 euros." Même chose pour la décennie 2005-2015. Une clause d'annulation est toutefois prévue si une météorite frappe la Terre ou si un volcan majeur vient à entrer en éruption - deux imprévus qui refroidiraient la basse atmosphère, momentanément mais notablement.
Mojib Latif et ses coauteurs relèveront-ils le pari ? Pour l'heure, ils ne souhaitent pas réagir et manifestent même une certaine irritation à cette entorse aux bonnes moeurs de la vie scientifique. Ce n'est pourtant pas la première du genre. En 1989, James Hansen, directeur du Goddard Institute for Space Studies (GISS), avait parié que l'une des trois années à venir serait plus chaude que 1988, qui venait de battre tous les records. Il n'avait pas eu à attendre longtemps. Début janvier 1991, Hugh Ellsaesser, du Lawrence Livermore National Laboratory, signait à M. Hansen un chèque de 100 dollars.
06 mai 2008
Dessin : TF1 demande 100 millions d'euros à Youtube
TF1 vient de demander 100 millions d'euros de dommages et intérêts à Youtube. « TF1 estime que pour 100 vidéos visionnées gratuitement, ses services payants de vidéo à la demande (VOD) perdent 20 ventes légales » expliquait-on initialement avant le début des hostilités. Pour Snut, crayonnant entre deux barils de Dash3, un pot de Nutella et une série de placements financiers, l'explication serait ailleurs.
Dessin : TF1 demande 100 millions d'euros à Youtube
28 avril 2008
je l'apprecie ce P.A.E !
Le P.A.E. (Parent - Adulte - Enfant)
Introduction
Le P.A.E. (Parent, Adulte, Enfant) nous apprend si notre façon de penser correspond à notre âge. Il est notre discours intérieur, notre façon de nous parler.
En principe, on doit avoir un Adulte plus élevé que le Parent et l'Enfant puisqu'on est à l'âge Adulte. Sur une échelle de 20 notre Adulte devrait être autour de 10, notre Parent 5 et notre Enfant 5.
Descriptions :
- Le côté Parent (le moi appris) est notre côté critique. Parent = ce qui nous a été enseigné.
- Le côté Adulte (le moi expérimental) est notre logique, on traite les informations de façon rationnelle. C'est lui qui évalue les situations.
- Le côté Enfant (le moi senti) est notre côté sentimental, affectif, nos émotions, nos sentiments, nos besoins.
26 avril 2008
etonnant...
CIA et banlieues françaises: décryptage d'une info choc.
Un dossier du Parisien détaille le travail d'influence des institutions américaines, non sans jouer sur la peur de l'Oncle Sam.
Avec des formules comme "OPA américaine sur les Beurs et les Blacks" (pour Marianne2), ou "une énorme opération d'infiltration de l'ambassade des Etats-Unis dans les banlieues françaises " (Solidarité et Progrès), nombre de publications Web ont repris, non sans forcer la note sensationnaliste et paranoïaque, une série d'articles publiés en double page par Le Parisien lundi 21 avril.
Selon
le quotidien, depuis le 11 septembre 2001, "les Américains" multiplient
les initiatives en direction des quartiers sensibles. Ils organisent
des voyages aux Etats-Unis pour des responsables d'association, les
convient à l'ambassade, soutiennent des projets en banlieue.
Tout cela dans un double souci de sécurité -mieux comprendre les phénomènes de radicalisation qui pourraient un jour aboutir à des attentats outre-Atlantique- et d’image, pour redorer le blason de l’Amérique après la vague d’impopularité qui a accompagné la guerre en Irak.
Le surlendemain, France 2 a également diffusé dans son journal de 20h un sujet sur le même thème (date: mercredi 23 avril 2008, cliquez sur le sujet de 20h21, "La banlieue française, un exemple pour les USA"). Les articles et interviews du Parisien, tous signés d'Emeline Cazi, sont disponibles sur le site du journal (principal article, lire aussi celui sur la CIA, celui sur les réceptions de l'ambassadeur, et celui sur les voyages dans le cadre du "International Visitor Program").
Il ne manque qu'un encart sur "Des sponsors très convoités", et l'interview de votre serviteur, "Les Américains cherchent à se créer un réseau", que vous pouvez néanmoins retrouver dans son intégralité sur le site de la Brookings.
Le sujet m'est en effet familier, en raison de mes choix de spécialisation (Etats-Unis, relations internationales et islam en France), et je me suis dit que j'allais ajouter quelques remarques sur le sujet -fond et forme- pour les lecteurs de Rue89 qui seraient intéressés.
Et le copyright alors?
Les articles de départ sont bons (précis, sourcés, évitant
l'exagération), même si je reprocherais l'absence de distinction entre
les différents acteurs: parmi "les Américains", qui fait quoi?
C'est décisif pour comprendre ce qui se passe. Et bien sûr, mais ce problème est difficile à éviter, la confusion banlieues/islam. Mais ce qui est choquant, c'est la reprise par différents sites Web des infos du Parisien sans grand apport propre (au moins mentionnent-ils leur source), et surtout l'absence de mention par France 2, dans leur reportage, de cette source, ce qui est vraiment gonflé puisqu'ils sont allés chercher les mêmes témoins qu'Emeline Cazi mais sans la créditer -ni Le Parisien- du travail initial.
La CIA ne "recrute" pas.
La partie la moins convaincante de tout cet ensemble concerne la CIA. L'interview d'un
mystérieux chercheur anonyme qui dit avoir refusé "d'amener en
banlieue" deux Américains "dont les masques sont tombés très vite" est
un modèle de confusion.
Rappelons que la règle officieuse entre services de renseignement américain et français interdit le recrutement d'agents dans l'autre pays. Si la CIA tentait de recruter dans les banlieues ou aux abords des mosquées, les RG (pardon, la DCRI) et la DST seraient au courant très vite et ne seraient pas contentes du tout -souvenons-nous de l'expulsion d'agents américains par Charles Pasqua en 1995.
Mais si on lit plus attentivement le court article du Parisien, tout devient plus clair: le chercheur français décrit deux personnes venues enquêter (c'est bien le titre: "Les enquêtes de la CIA"), pas recruter. Il dit lui-même que leur but était de "mettre la main sur le réseau associatif" (bigre), mais afin de "comprendre, en passant du temps dans les banlieues européennes, comment on pouvait basculer dans un commando terroriste."
Or, la branche recherche de la CIA, le National Intelligence Council (NIC) s'est en effet intéressée, ces dernières années, à cette problématique de la radicalisation en Europe, et l'on ne voit pas bien en quoi cela serait préoccupant.
NIC, ambassade, département d'Etat, fondations: les acteurs américains en banlieue.
Comme
c'est toujours le cas, il n'y a pas "l'Amérique", mais de multiples
acteurs, à la fois gouvernementaux et non-gouvernementaux. Dans cette
affaire, il faut distinguer:
- Le NIC (lire plus haut).
- Le département d'Etat via le Bureau of Intelligence and Research,
qui conduit des enquêtes sur les pays étrangers. Je me souviens d'un
article du Canard enchaîné en 2004 qui révélait un appel d'offres du
département d'Etat pour un sondage sur les musulmans de France.
J'ai pu avoir accès à ce sondage très riche daté de mai 2005, conduit par l'Ifop, et intitulé "French Muslims Favor Integration into French Society" ("Les musulmans français prêts à s'intégrer dans la société française"). Ce sondage aboutissait aux mêmes conclusions que tous les autres (cf. mon ouvrage sur les musulmans de France), et concluait:
"Alors que les gros titres en France et ailleurs sonnent souvent l'alarme quant à un fossé culturel entre européens et musulmans, une étude du Office of Research auprès des musulmans français dresse un tableau bien différent.
"La grande majorité des musulmans en France disent faire confiance au gouvernement du pays, se sentent au moins en partie français et soutiennent l'idée d'intégrer la société française.
"La question est de savoir si des incidents répandus de discrimination raciale ou religieuse vont endurcir les attitudes des musulmans en France."
"While headlines in France and elsewhere frequently signal alarm over a cultural gulf between Europeans and Muslims, an Office of Research survey among French Muslims tells a different story. Large majorities of Muslims in France voice confidence in the country's government, feel at least partly French and support integrating into French society. The question is whether widespread incidents of racial or religious discrimination will harden Muslim attitudes in France."
- Le département d'Etat, via l'International Visitor Leadership Program, celui qui organise les fameux voyages aux Etats-Unis "tous frais payés" (expression du Parisien partout reprise).
C'est un vieil instrument de diplomatie publique qui consiste à inviter des jeunes personnalités d'autres pays pour leur faire connaître directement – et non par l'intermédiaire des médias ou de clichés -la réalité du pays en question.
Pierre Haski en avait déjà parlé dans ces colonnes à propos de Nicolas Sarkozy "agent américain".
La France a d'ailleurs son propre programme, (lire le point 4 ci-dessous), et il existe aussi des programmes légèrement différents organisés par des organismes non étatiques (French-American Foundation, German Marshall Fund, etc.).
- L'ambassade des Etats-Unis à Paris, qui compte
parmi ses missions -comme toutes les ambassades de tous les grands
pays- de bien connaître les évolutions de la société où elle se trouve,
et de favoriser les échanges non seulement économiques, mais aussi
culturels et de "politiques publiques".
Elle doit aussi veiller à l'image de son pays dans cette société où elle se trouve. D'où l'intérêt porté aux banlieues et à l'islam de France, qui n'est pas seulement motivé par des raisons sécuritaires. Je relève d'ailleurs que pour France 2, c'est la banlieue française qui peut servir d'inspiration pour les Etats-Unis, alors que dans l'article du Parisien, c'était l'inverse...
- Les grandes fondations philanthropiques américaines, qui fournissent l'essentiel des financements "américains" à des projets sur la diversité mais aussi sur l'art, les médias, etc. L'ambassade a certes un budget d'intervention, mais sans connaître les chiffres, je pense qu'il est sans commune mesure avec le soutien qu'on peut trouver auprès de ces fondations.
La France aussi fait un travail d'influence (encore heureux).
Bref,
loin d'une opération "d'infiltration des banlieues", c'est d'un
classique travail d'influence en direction de la société civile qu'il
s'agit ici, comme d'autres pays le font également, à commencer par,
disons, la France (au hasard) aux Etats-Unis (au hasard).
La seule vraie différence, ce sont les moyens disponibles, bien plus réduits dans notre cas, comme il est normal. Mais l'ambassade à Washington est très active pour favoriser les échanges franco-américains et défendre l'image de la France aux Etats-Unis.
Ainsi en 2003, après la vague de francophobie liée à la guerre en Irak, l'ambassadeur avait créé un "caucus" français (groupe d'amitié parlementaire) au Congrès et recruté un agent de liaison avec ledit Congrès. Il avait aussi invité de nombreuses personnalités de la société civile à dîner à l'ambassade pour expliquer la position française. Et il avait décoré à tour de bras des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale venus se battre en France.
Autre instrument: le Programme d'invitation des personnalités d'avenir (PIPA) du Quai d'Orsay, géré par le Centre d'Analyse et de Prévision, créé en 1989 sur le modèle… de l'International Visitor Leadership Program.
Chaque année, une centaine d'étrangers de tous les pays du monde sont invités à passer une semaine ou dix jours en France, "tous frais payés", pour mieux connaître la réalité de notre pays. Les chiffres du Pipa ne sont pas aussi impressionnants que ceux de son homologue américain, mais il peut se targuer de belles réussites: des premiers ministres et des décideurs politiques un peu partout dans le monde (feu Annah Lindh, José Maria Aznar, Anatoli Tchoubais, Costas Caramanlis…), et même une prix Nobel de la paix, Chirine Ebadi.
Comme les Etats-Unis avec les banlieues françaises, la France a su réorienter ce programme quand il le fallait: ainsi au moment de la vague d'actes antisémites du début des années 2000, qui a été très dommageable en termes d'image, priorité a été donnée à des membres de la communauté juive américaine -non pas pour faire de la propagande, mais pour leur montrer la réalité de la situation: (des actes qui se sont en effet multipliés, mais aussi de nouveaux outils de lutte, et une France qui n'est pas antisémite) et dissiper les idées reçues.
Que penser de tout cela?
D'abord que l'influence, qui est une mission naturelle des diplomaties
modernes (il ne suffit plus aux diplomates de parler aux diplomates, la
société civile et l'opinion publique comptent) est un travail de chien
-il est très difficile d'en mesurer l'efficacité.
Non seulement celle-ci peut être balayée par une décision politique impopulaire, mais rien ne garantit que la personne qu'on invite par exemple à voyager aux Etats-Unis ou en France va changer d'idée sur le pays en question.
D'ailleurs, souvent ceux qui acceptent au départ ne sont pas les plus antiaméricains ou les plus francophobes… dans le reportage de France 2, Aziz Senni dit "lorsque vous revenez, vous ne pouvez pas être ingrat et ne pas remercier ceux qui vont ont invité". Certes, il faut remercier, mais rien ne force non plus à soutenir Washington, ou Paris, ce serait trop facile.
Ensuite que les banlieues, qui deviennent soudain "nos banlieues" dès que l'Amérique fait mine de s'y intéresser, n'appartiennent à personne. Je n'ai pas l'impression que la "politique de la ville" ait été un tel succès depuis vingt ans que l'on puisse se permettre de balayer d'un revers de main les échanges avec d'autres pays ou le soutien de fondations américaines à des initiatives ponctuelles -tant qu'il n'y a pas d'activité politique secrète, cela va de soi.
Enfin que la crispation et le spectre de "l'infiltration" dès que les Américains ou les fondations entrent en jeu fait un peu penser à la réaction d'un Poutine ou d'un Loukachenko prenant peur d'un renversement démocratique comme en Serbie (2000), en en Géorgie (2003) ou en Ukraine (2004). Or, je ne pense pas qu'on ait grand-chose à craindre de ce côté-là!
17 avril 2008
LAROUSSE va contrer WIKIPEDIA.
Une encyclopédie collaborative Larousse pour contrer Wikipédia.

A défaut de prendre son train à l'heure, mieux vaut parfois tenter d'y monter en marche. En lançant, ce mardi, son "encyclopédie contributive", accessible gratuitement sur Internet, Larousse entend combler son retard pris sur la toile et concurrencer Wikipédia. Mission impossible?
Sept ans d'existence, 7,9 millions de visiteurs uniques en France en juin 2007, 655 693 articles publiés dans la langue de Molière (au 11 mai 2008)...Trois chiffres emblématiques de l'importance du concurrent numéro un des encyclopédies traditionnelles: Wikipédia.
De quoi mettre le monde de l'édition en émoi. Lencyclopédie de papa, en plusieurs volumes et éditée sur papier, fait figure de pièce de musée. "Larousse n'en vend plus depuis plusieurs années", confie t-on chez la célèbre maison d' édition. Si Wikipédia n'est pas seule en cause, les recherches documentaires, de la biographie de Louis XIV à celle de Bart Simpson (si,si), passent désormais, gratuitement, par le web.
Larousse refuse de rester sur la touche. Ce mardi, la maison d' édition a lancé son encyclopédie "contributive", en mettant 150 ;000 ;articles à la disposition des internautes. L'encyclopédie en ligne à la sauce Larousse reprendra deux des ingrédients clés de la recette Wikipédia: la gratuité et l'intéractivité.
Se distinguer de Wikipédia, en verrouillant l'accès aux articles
Mais tandis que Wikipédia s'apprête à lancer une version papier, que Google développe sa propre encyclopédie collaborative, en proposant de rémunérer les contribtions des internautes (voir un exemple d'article), et que Citizendium, lancé le 20 octobre 2007, encadre les contributions des internautes par des experts, ce projet est-il viable?
Pas de panique chez l'éditeur au pissenlit, où l'on met en avant l'originalité de Larousse.fr:
"Il s'agit de la seule encyclopédie en ligne à mettre à disposition des internautes à la fois des contenus d'un éditeur de référence et ceux d'une communauté de contributeurs."
Un expert par article, donc. Et, contrairement à Wikipédia, impossibilité pour les internautes d'en modifier les écrits. Un gage de sérieux éditoral, pour faire face à la concurrence de la célèbre encyclopédie en ligne, explique t-on chez Larousse. Dans la galaxie Larousse.fr, les contributions des internautes tourneront en orbite autour d'un texte de référence, immodifiable:
"Cela devrait rassurer un bon nombre d' experts, qui, aujourd'hui, sont réticents à publier leurs contenus sur Internet. Pour le lecteur, l'intêt est d'avoir plusieurs approches et de lui permettre d'exercer son esprit critique."
"On verra la meilleure façon de rendre rentable cette aventure"
La maison d'édition a t-elle le choix? A l'heure ou un nombre croissant d'internautes a ses habitudes sur Wikipédia, se distinguer de son rival-mais néanmoins modèle-apparaît comme une condition "sine qua non" pour espérer lui voler la vedette.
Reste la question délicate du financement. Car si Wikipédia est une fondation, Larousse n'est pas un organisme de charité. Pour l'heure, la stratégie de la maison d'est plutôt floue. Au service marketing-multimédia, on explique:
"Rien ne s'est imposé pour le moment sur le web. Avec la montée en puissance du site, de son traffic, on verra la meilleure façon de rendre rentable cette aventure."
16 avril 2008
VOITURE ARAIGNEE...
Spider
Mobile - Voiture araignee
envoyé par sebest
15 avril 2008
Rubik's Cube !
Au championnat de France, un Rubik's Cube dans le cerveau.
Par Antonin Sabot | Etudiant en journalisme | 13/04/2008 | 14H00
Vendredi 11 avril vers 17 heures au Novotel des Halles, à Paris, un frémissement passe salle Van Gogh. Un jeune homme longiligne, timide, enlève le bandeau qui lui couvre les yeux et regarde entre ses mains. Il se lève avec un air satisfait. Il vient de battre le record de France de Rubik's Cube "blind", à l'aveugle. 1 min 24 sec, mémorisation incluse, contre 1 min 42 sec pour le record précédent, établi la semaine dernière. Ni tour d'honneur, ni acclamation tonitruante. L'ambiance reste feutrée, il ne faut pas déranger les autres participants triturant leur cube en silence.
Créé par l'architecte et designer hongrois Ernö Rubik, le Rubik's Cube, star des années 1980, est revenu entre certaines mains au début des années 2000. Depuis, son distributeur organise des championnats de France et tente d'alimenter la légende de ce cube dont chaque face est composée de 9 facettes articulées autour d'un axe central. Il avance le prix du plus luxueux des cubes, orné de diamants, la taille du plus grand jamais fabriqué ou communique sur l'âge du plus jeune des participants au championnat (à peine 5 ans).
Les vraies légendes du Rubik's Cube, elles, portent le nom des inventeurs de méthodes qui, dans les années 1980, ont commencé à théoriser la résolution du jeu. Lars Petrus ou Jessica Fridrich sont les plus connus. Tous les meilleurs mondiaux utilisent la méthode de Jessica Fridrich, la plus rapide estiment les "speedcubers", sprinters du cube. Tous sauf Gilles Roux, un Français qui a conçu sa propre méthode et qui a son record personnel à 12 secondes 56 centièmes. Il est pour l'instant le seul à l'utiliser en haut niveau, "mais sa méthode n'a sûrement pas encore été exploitée à fond" estime ce vendredi un des participants du championnat.
En plus des noms de méthodes, le monde du Rubik's cube a très vite développé un langage particulier, qui est en réalité celui de mathématiciens et d'ingénieurs qui s'acharnent pour gagner quelques secondes. Chaque rotation, chaque mouvement a son équivalent codé, ce qui permet d'économiser du temps lors des explications. En théorie, chaque configuration du cube de départ (plus de 4 milliards), peut-être résolue en 22 mouvements. Mais pour y parvenir, il faut connaître plusieurs centaines d'algorithmes différents.
Un champion du monde qui ne s'entraîne "que" 4 heures par semaine
Le championnat de France rassemble quelques-uns des meilleurs compétiteurs mondiaux, comme Jean Pons, étudiant qui prépare l'agrégation de mathématiques et a été champion du Monde en 2005 avec un record personnel à 10 secondes 59. Autre célébrité dans le milieu, et champion de France: Edouard Chambon, élève en école d'ingénieur et détenteur du record du Monde avec 9 secondes 18 seulement pour résoudre le cube, alors qu'il ne s'entraînerait que 4 heures par semaine.
La dextérité et les capacités d'analyses de ces champions feraient presque passer les joueurs d'échec pour des cruciverbistes du dimanche. A l'aveugle, par exemple, près de 250 mouvements peuvent être effectués sans aucune référence visuelle. Un seul dans le mauvais sens suffit à mener la tentative à un échec lamentable.
